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lunes, 31 de marzo de 2008












boomp3.com

A

Compréhension orale 1

Nuancez le degré de vérité ou de fausseté des propositions suivantes. Donnez-en des explications :

1. Une jeune fille raconte l’histoire de sa vie


2. Quelqu’un raconte la vie d’une jeune fille.


3. On rapporte une chronique.


4. On raconte l’histoire des amours illicites d’une jeune fille avec un brigand.


5. Nos sommes tous invités à écouter une histoire exemplaire.


6. C’est une histoire dédiée surtout aux jeunes qui n’ont pas trop d’expérience de l’amour.


7. Les filles de Séville et de Grenade sont des proies faciles de l’amour.


8. Doña Padilla se distinguait par sa chasteté.


9. Elle rentra dans les ordres malgré elle.


10.Les gens du lieu n’étaient pas contents qu’elle prenne le voile.


11.Une fois dans le couvent elle tomba amoureuse d’un beau brigand.


12.Une fois dans le couvent elle tomba amoureuse d’un fier brigand.


13.Une fois dans le couvent elle tomba amoureuse brigand très austère.


14.La nonne conduisit le brigand à l’enfer.


15.La nonne donna un rendez-vous sacrilège au brigand.


16.Dieu punit les amants d’un coup de foudre.



A


Compréhension orale 2


Venez, vous dont l'œil ________,

Pour entendre une histoire _________,

Approchez : je vous dirai celle

De doña Padilla del Flor.

Elle était d'Alanje, où _________

Les collines et les halliers

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

Il est des filles a Grenade,

Il en est à Séville aussi,

Qui, pour la moindre ________,

A l'amour demandent _______ ;

Il en est que parfois _____________,

Le soir, de hardis _____________.

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

Ce n'est pas sur ce ton _________

Qu'il faut parler de Padilla,

Car jamais prunelle _________

D'un feu plus chaste ne _______ ;

Elle fuyait ceux qui __________

Les filles sous les peupliers.

­Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

Elle prit le voile a__________,

Au grand soupir des gens du lieu,

Comme si, quand on n'est pas ______,

On avait droit d'épouser _______

Peu s'en fallut que ne pleurassent

Les soudards et les écoliers

­Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

Or, la belle à peine cloîtrée,

Amour en son cœur _____________

Un fier brigand de la __________

Vint alors et dit : _________ !

Quelquefois les brigands __________

En audace les ___________

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers.

Il était laid : des traits _________,

La main plus rude que le _________ ;

Mais l'amour a bien des _____________,

Et la nonne aima le ___________.

On voit des biches qui ___________

Leurs beaux cerfs par des ____________

­Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

La nonne osa, dit la ___________,

Au brigand par l'enfer ___________,

Aux pieds de sainte Véronique

Donner un rendez-vous la nuit,

A l'heure où les corbeaux ___________,

Volant dans l'ombre par ____________

­Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

Or quand, dans la nef ______________,

La nonne appela le ______________,

Au lieu de la voix _____________,

C'est la foudre qui _____________.

Dieu voulut que ses coups frappassent

Les amants par Satan _______

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !

Cette histoire de la ___________,

Saint Ildefonse, abbé, _________

Qu'afin de préserver du __________

Les vierges qui font leur ________,

Les prieurs la ______________

Dans tous les couvents _____________. ­

Enfants, voici des bœufs qui passent,

Cachez vos rouges tabliers !



B

Cherchez dans ce conte les éléments suivants :

Présentation

du vers : ___

au vers : ___

Situation initiale d’ordre


Conflit

du vers : ___

au vers : ___

Un éloignement


Une interdiction


Une transgression


Un méfait


Dénouement

du vers : ___

au vers : ___

Une punition.


Morale de l’histoire



C

Expression orale

LA LÉGENDE DE LA NONNE

Avant d’écrire une nouvelle version de « La légende de la nonne » il faudra que vous fassiez une ébauche orale à l’aide de certains repères.

1. Description des personnages.

2. Explication de leur caractère à partir de leurs histoires.

3. Imaginez leur première rencontre.

4. La transformation psychologique provoquée par la passion amoureuse.

5. Mise au ban par la société

6. Le dénouement.

a). Cherchez dans le texte de la chanson des éléments qui permettent d'imaginer les personnages.

La nonne : parlez de son intelligence, de sa finesse d’esprit, de sa naïveté, de sa morale inébranlable, de sa délicatesse, de sa beauté, de sa jeunesse, de sa curiosité, de son amour envers les pauvres et les déshérités de toutes sortes, de sa jeunesse…

Le brigand : astucieux, rusé, malin, hardi, audacieux, osé, dévergondé, éhonté, vulgaire, rude, dur, grand, fort, laid, les traits austères.

Les gens.(société) Imaginez les mœurs d’une petite ville de province. Société ancrée dans des normes, des lois, des règles étouffantes qui ankylosent toute évolution; société hypocrite, fortement hiérarchisée où la jalousie, l’envie, le paraître, la médisance empoisonnent les rapports entre les gens.

b) Comment expliquez-vous le caractère des deux personnages principaux ? Pour ce faire imaginez leurs histoires.

La nonne : enfance heureuse, famille aristocratique, haute bourgeoisie, éducation religieuse assez sévère…?

Le brigand :

- De famille aristocratique, noble au vrai sens du mot, vertueuse et moralement sans reproches, lui c’est la brebis égarée, ayant été déniaisé lors de différentes guerres auxquelles il a participé.

- C’est un débauché (il mène une vie de débauche) à l’instar de sa famille, aristocratique mais décadente.

- De famille modeste, pauvre voire misérable, il hait (détester, se moquer de, être ressenti contre) les autres classes sociales. Or, grâce à son intelligence il fut choisi, parmi d’autres enfants aussi démunis que lui, pour parfaire son éducation chez les

- Oratoriens ou chez les Jésuites.

c) La rencontre : Oú ? Quand ? Pourquoi ? Comment ?

· À l’église : Il l’a rencontrée quand elle allait à la messe lors de la fête de la patronne de la ville. Il l’a vue, elle l’a vu.

Elle a senti à l’église qu’elle ne pouvait pas prier : l’image de Dieu s’évanouissait laissant place à une autre en quelque sorte diabolique mais agréable…Lui, il a soudoyé la duègne/confidente/chaperon/gouvernante et il est entré, la nuit, dans sa chambre…

· Un enlèvement : elle s’est fait enlever par le bandit lors de sa promenade quotidienne. Le brigand avait parié, avec d’autres pire que lui, qu’il la rendrait amoureuse.

· Autre

d) Conséquences de la rencontre :

· Passion amoureuse débordante,

· Désordre des sentiments….

· Après les hésitations, après le doute, après la lutte intérieure il se produit chez elle une transformation : Elle s'affronte à la société qu’elle met en cause. Elle fait son choix. Elle devient osée. Elle se sent rejetée par son entourage qui, maintenant, en profite pour la traîner dans la boue.

· Lui, de même, sentiment inconnu, il est épris d’elle. Il s’adoucit. Il n’a donc nulle force ni autorité sur les autres membres de la bande de malfaiteurs. Dès lors, c’est à sa société de brigands qu’il s’oppose, c’est elle que lui, il va remettre en cause.

e) La fuite :

- Étant impossible pour tous les deux de rester dans leurs sociétés respectives ils doivent s’enfuir quelque part où personne ne les connaisse.

- Elle, de mèche avec sa gouvernante, quitte sa maison ….

f) La mort des amants et son interprétation par les villageois.

D

Expression écrite

Faites le récit de « la légende de la nonne » en 250 mots maximum


Version 1

LA LÉGENDE DE LUCINDE


La plus jolie et la plus intelligente fille de l’université, Lucinde était un ange. Les hommes rêvaient d’elle à cause de sa joie et sa désinvolture. Fille unique d’une famille aristocratique dont elle reniait, elle s’était engagé dans des organisations dont le but était l’aide des plus défavorisés. Elle détestait la vie de ses copains toute pleine de fêtes, longs voyages et promenades à cheval. Généreuse et avec un sens très profond de la justice et de l’égalité elle avait pour tous un cœur d’or à telle point que son seul rêve c’était de partir au Tiers Monde aider les oubliés.


Il se promenait à l’université toujours en compagnie des plus belles filles, mais personne ne pourrait dire à quelle Faculté René était inscrit. Chassé par son père du foyer familial il était toujours à la recherche d’une nouvelle proie. Cette fois il cherchait le gros lot.


Lucinde attira bientôt l’attention de René. Vu qu’elle n’était accessible que si l’on parlait de justice, de générosité et d’autres bêtises il fit croire à Lucinda en entrant sur son blog, après avoir lu deux livres sur la justice nord-sud, qu’il travaillait depuis quelques années entre les jeunes de banlieue. C’est comme ça qu’ils ont partagé plusieurs heures et l’amitié est née.


Un mois plus tard ils partaient en Afrique engagés volontaires au sein de l’ONG où Lucinde travaillait depuis quatre ans.


À Darfour on a fort travaillé, toujours coude à coude et finalement l’amour est né au cœur de Lucinde et ils ont partagé aussi leurs nuits.

Lorsque René s’était aperçu que Lucinde était follement amoureuse au point de ne pouvoir plus rester même une heure sans lui, il l’avoua être malade d’une maladie que seulement un médecin Suisse pourrait guérir, mais que ce serait très cher. Il devrait partir.


Affolée à l’idée de perdre son amour, Lucinde, décida de partir avec lui en apportant tout l’argent qu’ils avaient reçu pour gérer le centre d’accueil dont ils étaient les responsables.


Une nuit ils sont partis en cachète pour arriver à l’aéroport d’Al Fashir au petit matin mais ils n’avaient parcouru que quelques kilomètres qu’ils ont été attaqués par les milices arabes.


On nous informe de Darfour qu’un véhicule aurait été détruit à quinze kilomètres du camp C. Trois cadavres calcinés dont deux volontaires portées disparus auraient été repérés. La disparition des volontaires serait en rapport avec celle de l’argent dont ils étaient les responsables.

JAPR

Version 2

LA LÉGENDE DE LA NONNE



Fille unique d’une famille de vielle souche, élévée dans les sévères préceptes religieux, la chasteté et la beauté de Doña Padilla étaient renommées dans toute l’Andalousie, tant et si bien que son père, homme prudent, décida qu’elle prenne le voile lorsqu'elle avait seize ans à peine.


Son père eut beau la cacher, elle fut vite trouvée par le plus hardi chevalier espagnol, endurci dans la guerre et l’amour. Il chercha la rencontre lors de la messe. Et c’est comme ça que la pauvre Padilla, qui n’apprit jamais à distinguer les loups des agneaux, trembla sous le regard osé du rude brigand.


Dans ses lettres, il ne lui parla pas d’amour, mais de rédemption, et c’est sous prétexte de chercher son aide pieuse qu’il s’introduisit enfin dans la chambre de la nonne. Il avait parié sa vertu; néanmoins, dès qu’il l’embrassa, ils furent pris, tous les deux, chasseur et proie, au piège.


Il n’y a pas de merci pour les tricheurs qui veulent se jouer des règles de leurs condition, personne ne se plaint de la vertu raté; ça, il le savait bien et elle l’apprit rapidement. Il ne leur restait que s’enfuir, mais au dernier moment, les remords s'emparèrent de la conscience de la nonne, elle se confia à son prêtre et, la nuit, des soldats attendirent le rendez-vous. Le brigand se battit jusqu’à la mort, faisant honneur à son nom. La novice, elle, se condamna en se jetant du balcon afin de rejoindre son aimé, soit dans le ciel, par la grâce de Dieu, soit dans l’enfer, par la faute de son péché.


AD



Version 3


Jeune, naïve, intelligente, courageuse et belle, Dª Padilla était devenue l'une des femmes les plus célèbres et désirées dans cette petite ville de province ancrée dans le passé, où elle habitait. Son appartenance à une haute classe sociale mais, en même temps, hypocrite et fermée, interdisait tout type de relation personnelle en dehors du mariage. En conséquence, elle devait bien cacher son inclination pour le brigand dont elle était amoureuse après l'avoir connu un froid dimanche de janvier à l'église. Elle y était entrée avec la foi qu'elle avait toujours en présence de Dieu, lorsque, tout à coup, en tournant sa tête à gauche, elle l'avait vu: fort, grand, audacieux. Ils n'avaient pas échangé des mots. Cependant, leur regard suffisait.

Dès lors, elle ne cessait pas de penser à lui, et, à cause de cette rencontre, tous les gens autour d'elle s'étaient rendus compte du changement de son charactère, de sorte qu'elle était devenue rude, dure, osée, exactement comme on dépeignait ceux qui lui connaissaient.

D'un autre côté, même s'il appartenait à une famille aristocratique et avait reçu une éducation religieuse, il n'avait rien en commun avec elle, sauf une passion débordante pour commencer cette relation.

Quelques mois se sont passés mais leurs sentiments restaient toujours les mêmes. Un jour, pendant sa promenade quotidienne, Dª Padilla a pris la décision de s'enfuir avec lui et sa bande de malfaiteurs. Son choix était fait mais non pas sans y avoir pensé nuit après nuit, tourmentée par des désirs contradictoires et confus et par l'embarras auquel sa famille devrait face quand la nouvelle serait connue.

À peine étaient-ils sortis du village qu'une embuscade leur était tendue. Tout les deux, Dª Padilla et le brigand sont morts. Personne n'a jamais su qui la commandait. Toutefois, on dit que le père de notre héroïne, en voulant éviter des souffrances et des humiliations à sa fille, avait décidé de mettre fin à sa vie, de crainte qu'un autre homme ne le fasse sans en avoir le droit.

En conclusion, cette légende essaie de faire entendre raison aux filles qui tombent amoureuses des hommes dévergondés qui ne leur amènent que des soucis et des malheurs, pour qu'elles aient le temps de se rendre compte avant de tomber dans leur piège.

EDA

martes, 18 de marzo de 2008

Récits inspirés sur "le fils du berger" de Jean Claude Chabrol

Boniface

Boniface est né dans un petit village, juste quelques maisons, près d'Avignon. Quand sa mère accoucha de lui, elle était toute seule dans la pauvre maison qu'elle habitait avec son mari. Elle a commencé à subir des douleurs tandis qu'elle préparait le repas et n'a pas pu bouger; Boniface est né brutalement, en une seconde, et il est tombé près du charbon, à côté du foyer. Alors, quand sa mère a pu l'avoir dans ses mains, elle a dû nettoyer son fils du noir vêtement qui le couvrait.

Son père était un des ouvriers travaillant pour un riche propriétaire, et Boniface a connu depuis ses premiers jours le silence et l'amertume de ses parents. Il observait et ne disait rien, chaque fois que son père revenait à la maison épuisé, murmurant des mots contre son patron, tandis que sa femme ne souriait jamais.

Quand Boniface a commencé à aller à l'école, il a connu un monde différent, car on devait marcher presque deux kilomètres pour arriver au village où l'école se trouvait. Là Boniface, toujours silencieux, observait, apprenait, connaissait d'autres réalités, d'autres enfants. Boniface les écoutait et imaginait un monde si différent, où l'on avait ce qu'on pouvait désirer, où les gens souriaient et semblaient être heureux.

À côté de sa salle de classe se trouvait celle des filles. Boniface éprouvait une émotion inconnue en les voyant, mais ses yeux et puis son cœur allaient toujours vers une petite fille boiteuse qui ne jouait presque jamais avec les autres. C'était une fille timide, silencieuse comme lui même, blonde, avec des yeux tristes, toujours habillé en blanc.

Il aimait ce petite fille sans savoir qu'il l'aimait, sans savoir ce qui est aimer. Pourtant ils ne se sont jamais parlé.

Le temps passait. Boniface montrait des attitudes pour le chant, et le prêtre du village, qui était aussi professeur, lui a proposé d'entrer dans son chœur. Quand Boniface l'a raconté chez lui, son père s'est immédiatement opposé, mais pour l'unique fois, l'enfant a protesté et son père, surpris, le lui a finalement permis.

Peu à peu, le prêtre a influencé l'enfant et, avec les temps, Boniface a commencé à penser à entrer au Séminaire. Ses parents ont vu cela comme la seule chance de *leur enfant pour sortir du cercle maudit où ils se trouvaient.

Dans l'esprit de Boniface, deux forces luttaient: d'un côté, derrière son éternel silence, il y avait un adolescent qui voulait changer totalement la vie qu'il avait connue, qui rejetait d'obéir comme son père, qui voulait tourner son destin. Et d'autre côté, sa pensée, ses rêves, tournaient encore à la petite fille, aujourd'hui une jeune qu'il voyait déjà très peu, et qu'un jour a disparu définitivement de l'école. Ce mois d'automne où l'année commençait et elle n'était plus là, Boniface a déclaré son désir d'aller au Séminaire.

les années passèrent et Boniface fut ordonné prêtre. Mais il n'a point trouvé le bonheur qu'il désirait. De village en village, il vivait entre le désespoir et la triste réalité de sa solitude, la distance que son métier créait entre lui et les autres. En même temps, son cœur froid n'oubliait jamais cette fille de l'école à laquelle il n'a jamais revu, mais dont l'image et le désir ne l'ont jamais abandonné. Sa vie restait toujours égale, toujours monotone, et un jour il a pris la première bouteille qui l'a aidé à oublier, à descendre vers le sommeil provoqué, a mourir un peu.

Un jour, il ne s'est plus éveillé; il est resté sur son lit, la bouteille à la main, les yeux fixés en haut, rêvant peut-être d'une vie pas si noire, d'une autre vie déjà impossible.


C.V.G


Albert


-Demain on a la réunion avec les américains, on va réussir! N'oublie pas d'apporter le dossier. Et puis, la semaine prochaine nous irons à New York, ma sécrétaire a déjà réservé au même hôtel du mois dernier. Je crois que les chiffres de cette année vont être bien supérieures à celles de l'autre directeur adjoint, tu dois être heureux!

Albert Dupont a fait un geste et n'a rien dit. Son collègue l'a fixé des yeux.

-Veux-tu venir prendre un verre?

-J'ai encore à signer quelques papiers.

-À demain, alors!

La porte s'est fermée et Albert est resté seul. Les bureaux étaient déjà vides, comme toujours à 20 heures du soir. Il leva la tête et soupira profondément. On entendait, sous le silence, des portes lointaines qui s'ouvraient au rythme des nettoyeuses, l'exceptionnel mouvement d'un élévateur, la respiration presque inaudible des ordinateurs, et à travers la fenêtre, vingt étages là bas, la ville, les voitures, les autobus, les gens rentrant du travail ou sortant dîner au restaurant, les vagabonds cherchant un lieu pour passer la nuit. Albert écoutait, les yeux fermés, un subtil tremblement sur son front. Il a ouvert les yeux et les a posé sur sa table. Il a pris son stylo en or et a commencé a signer des documents. Puis il s'est arrêté. D'autres documents attendaient, près de son porte-documents en cuir. Il a enlevé ses lunettes et a laissé tomber sa tête dans ses mains. Un des appareils de téléphone s'est mis à sonner. Albert l'a regardé mais il n'a pas bougé. Après quelques instants le silence est revenu. Lentement, il s'est levé, a mis sa veste et est sorti du bureau. Un peu plus tard, sa grande voiture aux vitres noirs sortait du garage.

À la gare du Nord, l'agitation était grande. Beaucoup de gens attendait les trains et Albert marchait presque inaperçu. Quand, le matin, il avait rempli sa petite valise avec ce qu'il avait considéré nécessaire pour sa fuite, il n'avait pas cru qu'il en serait capable. Maintenant, le train sur le point d'arriver, il semblait tranquille.

* * *

-Grand-père, raconte-moi une autre fois ton histoire, va, s'il te plaît, raconte-le moi...

-Mais je te l'ai raconté trois fois aujourd'hui...

-La dernière! La dernière!

Albert a sourit. Il a inspiré comme pour chanter, après il a commencé son récit.

-Il y a beaucoup d'années, c'est-à-dire, quand tu n'étais pas né...

-Ni papa?

-Ton papa non plus, pas encore.

-Alors, c'était la préhistoire?

Albert a rit et immédiatement il a subi un accès de toux. Quand il a repris la voix, il a dit:

-Mais comment la préhistoire?

-Moi, je l'ai appris ce matin à l’école.

-Eh bien... Ce n'était pas la préhistoire, bien que... oui, peut-être, mon chéri. De toute façon, il y a beaucoup d'années.

L'enfant, monté sur les jambes de son grand-père, écoutait attentivement. Quelques instants après, il a remué le bras de l'ancien, qui s'était perdu, la vue dans le lointain.

-Oui, mon chéri, je suis là. Je pensais, c'est tout, pour mieux te le raconter. Alors, écoute-moi; il y a très longtemps, je suis parti un jour à la campagne. Là, j'ai pris un tout petit terrain...

Et Albert a raconté sa petite histoire, ce jour où il a rompu avec son passé, a pris le train pour le plus petit village et a commencé une vie nouvelle avec quelques animaux et un peu de terre. Pendant qu'il racontait, ces années passaient pour sa mémoire comme un film, le soleil, la pluie, les grains, les outils, les mains endurcies par le travail, ces années qui voulaient être une vie nouvelle et qui n'ont été qu'une période de trois printemps avant qu'Albert revienne à son bureau, plus vieux, plus tranquille, plus savant.

C.V.G.

Le directeur adjoint

Le réveil sonne chaque jour plus tôt.


C'est la fatigue qui arrive juste au moment où on se rend compte de tout ce qu'on doit faire le matin. Ces affaires qu'il n'a jamais voulu résoudre n'importe comment. Aujourd'hui il devrait communiquer aux nouveaux employés qu'ils doivent quitter l'entreprise et aller s’inscrire dans une bourse du travail ; au dernier bilan les comptes ont été négatifs. Cela est très embarrassant pour lui, très attaché à ces gens qui ont très bien travaillé avec lui.


Monsieur Barbarin n'est plus un jeune mais...


Autrefois, lorsqu'il venait d’être embauché, il se levait de bon matin, heureux d'avoir trouvé son boulot dans une usine si grande et si moderne. Cela lui semblait formidable que sa famille -qui avait payé ses études- lui ait inculqué l'idée que pour y réussir sa vie il fallait aller toujours plus haut, plus loin et jusqu'au bout.


Il n'avait pas réfléchi au bon moment lorsqu’il gérait sa vie tel qu'on lui avait appris; et le temps s’est écoulé très vite à son insu. À présent il est trop fatigué pour changer, et il laisse agir sa vie comme s'il était un autre moteur...


Le bruit perpétuel, la vitesse des machines des ateliers à coté de son bureau l'empêchent de penser à tout autre chose qu'à son travail qui devient de plus en plus embêtant.


Voilà le songe qui s’est achevé brusquement d'un coup de sonnette: il rêve d’un jeune home face à l'orchestre de sa ville -qu'il a quittée il y à déjà trente ans- habillé en noir, souple et maigre, aux cheveux longs qui ondoient au mouvement de ses mains légères, où la baguette aide à diriger l’ensemble des musiciens qui le suivent attentivement.


Il est finalement devenu chef d'orchestre, et même ses parents sont contents en l’écoutant.

Il se plaisait à marcher en montagne tous les week-end avec ses copains, jouer au tennis, rester la plupart du temps au grand air car le reste des jours de la semaine il jouait de son instrument et étudiait ses leçons de musique.


Malheureusement son père est décède quand il était âgé de quinze et a fallu travailler en dehors de sa ville pour toucher un bon salaire et aider sa famille.


La nouvelle entreprise qu'à ce moment venait de s'installer avait besoin d'ouvriers et il a été facile d'être embauché ; son amour pour la musique a dû être oublié.


Maintenant ce gros bonhomme marchant lentement et tout près de sa retraite hésite sur ce qu'il est, et sur ce qu'il veut vraiment faire des années à venir.


C.M.G